Daniel Dugès titulaire d’un C.A.P.E.S d’Arts Plastiques est aujourd’hui à la retraite. Il a découvert l’histoire de Rennes le Château, il y a trente ans environ et il s’est aussitôt plongé dans la recherche. Persuadé, dès le début de cette aventure, que cette affaire ne se limitait pas à une banale histoire de trésor, il a travaillé sur un grand nombre de pistes, avant de se lancer dans la mise par écrit de ses recherches. 
	En partant du travail de Franck Marie sur le décryptage du grand parchemin, et après de longs essais, il a compris comment fonctionnait le code de Vigenère, code employé pour faire passer le fameux message ; « Bergère pas de tentation… ». L’examen attentif de ces parchemins lui a permis d’entrevoir une autre vérité que celle communément admise. Daniel Dugès travaille en enquêteur comme le ferait un policier, il vérifie systématiquement toutes les données du problème en ne laissant jamais la « part de rêve » entraver sa démarche. Quitte à décevoir bien des amateurs de trésors, et à marcher à contre-courant des idées reçues. En étudiant la vie et les habitudes de Bérenger Saunière, il lui a paru évident que la personne qui se dégageait de sa recherche ne pouvait être le concepteur de l’ensemble du domaine de Rennes le Château. De même, il s’est rendu compte assez rapidement que nombre d’affirmations énoncées dans certains ouvrages n’étaient que des hypothèses fragiles, et souvent, peu argumentées, ni démontrées. 

Les parchemins

	Ainsi en est-il du fait que Philippe de Cherisey puisse être l’auteur du grand parchemin. En effet, celui-ci dans un courrier affirme : “ne rien connaître à la cryptographie”, or, l’auteur du grand parchemin connaissait parfaitement la cryptographie, et les textes religieux. Dans son texte « Pierres et papier » Philippe de Cherisey donne une explication de la fabrication de ces deux parchemins dans laquelle sa démonstration tourne à l’absurde. En outre, il mélange les dates et les faits. Mais sa plus grosse erreur est de ne pas avoir su que le code de Vigenère, comme beaucoup d’autres d’ailleurs, n’était pas symétrique. C’est-à-dire qu’il ne se décode pas de la même manière qu’il se code. Or dans sa démonstration Cherisey explique comment il a codé le parchemin en suivant la méthode de décodage. En fait, cette méthode était connue bien avant lui, car ces deux parchemins étaient accompagnés, dès leur découverte par Pierre Plantard, d’un autre document, jamais cité, qui donnait le système de codage. Il a suffi à Philippe de Cherisey de suivre ce que disait ce document pour élaborer tout un roman lui permettant d’expliquer comment il avait procédé. Hélas pour lui, cela n’est pas possible. La seule chose qu’il a pu et dû faire, et Pierre Plantard le souligne dans ses derniers courriers, c’est manipuler le petit parchemin. Ainsi il a relevé les lettres qui forment sur ce document la phrase : « A Dagobert II roi et à Sion est ce trésor et il est la mort». Pour faire une telle manœuvre, effectivement on n’a pas besoin de connaissance en cryptographie. 

	Mais, ce document existait vraiment auparavant sans lettres relevées. Récemment un chercheur a démontré d’une manière irréfutable que ce texte provenait à quelques mots près du texte original du « Codex Bezae ». Ce codex était enfermé dans une bibliothèque et n’a été édité que vers la fin du XIX siècle. Tout le monde en a déduit que le petit parchemin avait été fait à la fin du XIXe. Voilà qui est mal connaître les habitudes de l’église, car si ce texte était inconnu du grand public, il est bien évident qu’il était connu des exégètes de l’église et des cours de théologie. Même si, nous partageons l’avis courant, quant à la date de création de ce document, ce qui peut être déduit réellement de tels faits, c’est que l’original de ce parchemin a été composé par un homme d’église et non par Philippe de Cherisey qui n’avait pas la moindre connaissance de l’existence du “Codex Bezae”. De plus, ces deux documents sont écrits de la même manière que sont présentées les plus anciennes versions des évangiles, comme le « Codex Sinaïticus », un texte du IVe siècle. En effet, il y a deux caractéristiques principales : Les lettres utilisées sont des onciales ou semi onciales c’est-à-dire les lettres avec lesquelles les Romains notaient leurs inscriptions sur les monuments, et la « scriptura continua » cette forme d’écriture où l’on ne laisse aucun espace entre les mots. Cette forme est particulièrement appréciée de tous les cryptographes car elle permet de glisser des lettres superflues, mais codées, entre les mots. Qui plus est, quand le texte est en latin, il est difficile de discerner ce qui appartient au texte et ce qui appartient au codage. Seul un latiniste confirmé ou un homme d’église pouvait connaître ces éléments et s’en servir.
	Voici donc, quatre preuves que ces deux textes ont été concoctés par des cryptographes appartenant à des milieux ecclésiastiques. La connaissance du « Codex Bezae, les onciales se référant aux textes des évangiles et la « scriptura continua. » Le code de Vigenère lui-même n’était connu au XIXe siècle que des cryptographes et des hommes proches des milieux ecclésiastiques, puisque le Vatican l’utilisait, pour coder ses messages, vers ses légatures.

Bérenger Saunière

	Nous n’essayerons pas ici d’éplucher ses comptes, d’autres l’ont fait et bien fait. Il ressort de ces études que pendant quelques années Bérenger reçoit de l’argent au titre de fausses messes de la part de quantité de prêtres de l’Aude et des environs. On peut dire d’une manière générale que cet argent provient de prêtres de son diocèse. Il est évident qu’il s’agit de trafic de messe. Mais la question que posent ces faits est la suivante : Pourquoi Bérenger reçoit-il des messes et n’en donne-t-il jamais ? D’autres prêtres que lui sont dans le besoin, à cette époque dans l’Aude, pourquoi lui seul sert-il d’entonnoir, et récupère-il ainsi des dons de ses confrères comme ceux de l’abbé Molinier, curé de Cépie, qui ne devait pas rouler sur l’or lui non plus. 
	La seule explication cohérente est que ce trafic de messe était organisé pour faire parvenir de l’argent à Béranger sans avoir à le justifier. Comme toute l’Aude participe, on peut supposer que ce trafic était organisé d’une manière souterraine depuis les plus hautes instances du diocèse. La conclusion du travail de Laurent Bucholzer est bien que notre curé est entouré d’un certain nombre d’ecclésiastiques qui lui font parvenir de l’argent d’une manière souterraine.
	On sait, d’autre part, que des grandes familles financent ses travaux. Ainsi, en va-t-il du don que lui fait la Comtesse de Chambord, première dame de France. On connaît, grâce à Christian Doumergue, d’autres dons, entre autres de la famille de Beauhorste, on sait que le Cercle Catholique de Narbonne a financé une partie de l’église, Ainsi, une partie de l’argent qui lui arrive, vient de l’église et l’autre de familles de la noblesse. Cette connivence est confirmée par le fait, qu’à peine arrivé à Rennes le Château, il défend avec véhémence les idées de la monarchie, ce qui lui vaut une punition et une « faible réprimande » de la part de son évêque.
	Vers 1897, après la réalisation de l’église, il semble que la source locale de son argent se tarit, aussi Bérenger, élargit ses demandes, et à partir de cette date, l’argent provient de toute la France et d’ailleurs, mais il s’est passé quelque chose qui a fait que son entourage, monarcho-ecclésiastique, a fermé le robinet.

L’église

 	Les sommes provenant de cette première période ont servi à transformer l’église et à la décorer. Dans : « Entre la Rose et l’équerre » nous avons démontré que tout le décor de l’église correspond à la symbolique maçonnique de Hauts Grades. Il y a en cette fin de XIXe siècle une lutte féroce entre la Maçonnerie de tendance laïque que nous appelons aujourd’hui la Franc-maçonnerie et les mouvements religieux soutenus par les grandes familles. C’est de ce paradoxe que surgit la vérité ! Une tendance souterraine et revendiquant une tradition maçonnique religieuse, issue, sans doute de transmissions anciennes proche des milieux monarchistes, a commandité à Bérenger Saunière la transformation de son église afin d’en faire un lieu réservé aux réunions d’un chapitre maçonnique du haut Grade de Chevalier Rose Croix. Il ne faut pas chercher, dans la Maçonnerie actuelle, un quelconque rapprochement avec ce groupe, il est bien en dehors de toutes les obédiences connues. On est en droit de penser que tous les prêtres, habilement dénichés par Franck Daffos, font partie de ces Hauts Grades.
    Mais les signes placés dans l’église ne laissent aucun doute. Leur raison d’être est de combattre la Franc-maçonnerie qui est en train d’élaborer, dans le travail de ses loges, la loi qui aboutira à la séparation de l’église et de l’état en 1905. Pour combattre les résultats de ces travaux les groupes monarchistes n’ont pas d’autres solutions que de se rapprocher du peuple en regroupant des prêtres dans cette tradition secrète, car ceux-ci peuvent par leurs sermons et par le contact qu’ils ont avec les gens, influencer le vote utilisant, ainsi, les armes mêmes de la république.
	Le choix de Rennes le Château pour cette édification n’est certainement pas fortuit et l’on ne peut s’empêcher de penser qu’il y ait, sans doute, un lien très fort entre les écrits de l’abbé Boudet, curé de Rennes-les-bains à la même époque, et l’installation de ce chapitre dans l’église de Rennes le Château.  


Plateaux  de l’Orateur et du Trésorier tout près du chandelier formé d’un triangle et des huit lumières plus une, caractéristique des hauts grades en maçonnerie.


                                           

            Avec Christian Doumergue                                      Signature à Lagrasse

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